En une phrase
La sextorsion est un chantage : quelqu’un affirme détenir des images intimes de vous (obtenues lors d’un échange, par piratage, ou parfois entièrement inventées) et menace de les diffuser à vos proches si vous ne payez pas. C’est une infraction pénale, et la menace est très rarement mise à exécution : c’est la peur qui rapporte, pas la diffusion.
Faut-il payer pour éviter la diffusion ?
Non. Et c’est le point le plus important de cette page. Payer ne supprime rien : les images, si elles existent, restent chez l’escroc. Payer prouve une seule chose : que vous êtes quelqu’un qui paie. Les demandes reprennent, souvent plus élevées, parfois pendant des mois.
À l’inverse, les services qui traitent ces dossiers font le même constat : quand la victime cesse de répondre, l’immense majorité des chantages s’arrête sans diffusion. L’escroc gère des centaines de cibles à la fois ; il concentre son temps sur celles qui répondent.
Que faire dans l’heure qui suit ?
Dans l’heure : ne payez pas et ne répondez plus (toute réponse confirme que la menace porte) ; capturez la conversation et le profil avant de bloquer ; verrouillez vos comptes ; signalez à la police et à suspect@kwoll.be. Mineur concerné : Child Focus, 116 000, gratuit, jour et nuit. Le détail, dans l’ordre :
- 1. Ne payez pas, ne négociez pas, ne suppliez pas
Toute réponse, même un refus, confirme que le compte est actif et que la menace vous atteint. Le silence est votre meilleur outil. - 2. Capturez avant de bloquer
Captures d’écran de la conversation, du profil, de la demande de paiement. Ensuite seulement, bloquez le compte. Ne supprimez ni votre compte ni les échanges : ce sont les preuves. - 3. Verrouillez vos comptes
Passez vos profils en privé quelque temps. Changez le mot de passe cité si l’e-mail en contenait un, et partout où vous l’utilisiez encore. - 4. Signalez
À la plateforme (ces comptes sont fermés vite), à votre zone de police pour la plainte, et à suspect@kwoll.be, pour la base de Kwoll.
Et si la victime est mineure ?
La sextorsion visant des adolescents, souvent des garçons, via de faux profils de leur âge, est en forte augmentation, et c’est la situation la plus dangereuse : la honte est maximale, l’expérience minimale, et les drames existent.
En Belgique, un réflexe : Child Focus, au 116 000, gratuit, confidentiel, 24 h sur 24. L’organisation accompagne le jeune et les parents, sait faire retirer des images, et travaille avec la police. Un parent qui découvre la situation doit d’abord dire une chose à son enfant : ce n’est pas ta faute, et ça se règle.
Un message pour le jeune qui lirait ceci en pleine panique : tu n’es ni le premier ni le seul, des adultes compétents règlent des situations comme la tienne toutes les semaines, et rien de ce qui se passe ne vaut de te faire du mal. Appelle le 116 000. Ou, si tout déborde, le 0800 32 123, à toute heure.
Si c’est déjà arrivé
Avez-vous déjà payé, ou déjà répondu ? Rien n’est perdu. Les gestes restent les mêmes, et il n’est jamais trop tard pour les faire.
- 1Cessez tout paiement et toute réponse, maintenant, même si les menaces continuent. Surtout si elles continuent.
- 2Rassemblez les preuves : conversations, profil, références des paiements déjà faits.
- 3Si vous avez payé par carte : Card Stop au 078 170 170, puis votre banque pour contester ce qui peut l’être.
- 4Portez plainte auprès de votre zone de police. La sextorsion est une infraction ; ces dossiers sont traités sans jugement.
- 5Si des images vous concernant circulent réellement : les plateformes ont des procédures de retrait prioritaires pour les contenus intimes. Signalez chaque copie. Pour un mineur, Child Focus s’en charge.
- 6Ne restez pas seul avec ça. Un proche, votre médecin, Télé-Accueil au 107 : la parole désamorce ce que le chantage exploite.
Questions fréquentes
L’escroc a mis mes contacts en capture d’écran. Va-t-il vraiment leur envoyer quelque chose ?
La capture sert à faire peur ; l’envoi massif est rare, parce qu’il ne rapporte rien et prend du temps. Les services spécialisés constatent que le chantage cesse en général quand la victime arrête de répondre. Aucune promesse n’est possible. Mais payer, lui, garantit la suite du chantage.
L’auteur d’un e-mail dit m’avoir filmé via ma webcam et contient un de mes anciens mots de passe. Est-ce vrai ?
Presque certainement non. Ce mot de passe provient d’une fuite de données ancienne, revendue en masse. L’e-mail est envoyé tel quel à des millions d’adresses. Changez ce mot de passe là où il servirait encore, signalez, supprimez. Il n’y a en général aucune vidéo.
Faut-il prévenir mes proches avant l’escroc ?
C’est une option puissante, pas une obligation. Une phrase suffit : « on essaie de me faire chanter avec des images, si tu reçois quelque chose de bizarre, supprime. » Elle retire à l’escroc son seul levier. Beaucoup de victimes disent que c’est le moment où la peur est tombée.
Que peut faire Kwoll dans un cas de sextorsion ?
Vérifier ce qui se vérifie : la photo du profil qui vous a contacté (souvent volée ailleurs), le lien ou le moyen de paiement demandé, le texte du chantage (ces messages suivent des modèles connus). Kwoll ne remplace ni la police ni Child Focus : il aide à comprendre à quoi vous avez affaire, tout de suite.
Relu le 29 août 2026.