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Faux profils et deepfakes : comment vérifier à qui vous parlez

Photos volées, visages générés par ordinateur, vidéos truquées en direct : ce qui se vérifie, ce qui ne se vérifie pas, et le seul test qui tranche vraiment.

Un faux profil est un compte en ligne dont l'identité affichée n'appartient pas à la personne qui l'utilise. Les photos sont soit volées à quelqu'un de réel, soit générées par intelligence artificielle. Aucun outil ne détecte les faux profils à coup sûr — mais quelques vérifications simples, combinées, suffisent dans la grande majorité des cas.

Vérifier un message, un lien ou une photo

Gratuit, sans compte. Rien de ce que vous collez n'est conservé.

En bref

  • Dans un faux profil à photo volée, il y a deux victimes : celle qui est piégée, et celle dont on utilise le visage à son insu.
  • La recherche d'image inversée retrouve une photo volée — mais un visage généré par IA n'existe nulle part : « introuvable » n'est PAS rassurant.
  • Les détecteurs de deepfake se trompent dans les deux sens. Aucun outil sérieux ne promet une réponse fiable.
  • Le test qui tranche : un appel vidéo immédiat, avec de l'imprévu. Les excuses répétées valent réponse.
  • Ne vérifiez jamais une personne — vérifiez des éléments : une photo, un lien, une incohérence. C'est aussi la loi.

À quoi reconnaît-on un faux profil ?

Moins à ce qu'il montre qu'à ce qu'il évite. Un profil récent avec peu de publications, des amis ajoutés en bloc, des photos professionnelles mais jamais de photos banales — pas de repas raté, pas de photo floue de groupe — et surtout : une personne qui existe intensément par messages, mais jamais en direct.

Le contenu des messages compte plus que le profil : la relation qui accélère anormalement, la future rencontre toujours reportée, et tôt ou tard, une histoire d'argent. Un profil se fabrique en dix minutes ; un scénario, lui, se reconnaît.

La recherche d'image inversée : que peut-elle prouver ?

Elle répond à une seule question : cette photo apparaît-elle ailleurs sur le web ? Si le portrait de votre interlocuteur ressort sur des banques d'images, d'autres profils sous d'autres noms, ou le compte d'un inconnu à l'autre bout du monde, la question est réglée : la photo ne lui appartient pas.

Mais le contraire ne prouve rien, et c'est le point que presque tout le monde ignore : les faux profils récents utilisent des visages générés par ordinateur, qui n'existent nulle part ailleurs — précisément parce qu'ils n'existent pas. Pour ces profils-là, « aucun résultat » est même la signature du faux. Un outil honnête doit vous le dire au lieu de vous rassurer.

C'est ainsi que fonctionne la vérification d'image de Kwoll : elle cherche la photo sur le web avec votre accord, image par image, sans jamais la conserver — et elle cherche une image, jamais une personne. Les moteurs de reconnaissance faciale, qui indexent les visages de tout le monde, posent un problème légal et moral que nous avons choisi de ne pas prendre.

Peut-on détecter un deepfake de façon fiable ?

Non — et méfiez-vous de qui vous promet le contraire. Les détecteurs automatiques se trompent dans les deux sens : ils laissent passer de vraies vidéos truquées et accusent des vidéos authentiques. La technologie de fabrication progresse plus vite que celle de détection, et l'écart se creuse.

Les visioconférences truquées en temps réel existent désormais : visage remplacé, voix clonée, en direct. Elles restent imparfaites — mauvaise gestion des mains devant le visage, des profils, des objets qui passent — mais ces défauts diminuent à chaque génération. En faire un test « garanti » serait vous mentir.

La bonne défense ne passe pas par la technique : elle passe par le canal. Une demande d'argent qui arrive par un appel vidéo, même parfaitement convaincant, se vérifie en raccrochant et en rappelant la personne sur le numéro que vous aviez déjà. Le visage peut se cloner ; le numéro connu, non.

Le test de l'appel vidéo : comment le faire correctement ?

Proposez un appel vidéo maintenant — pas demain, pas « quand la connexion sera meilleure ». Une vraie personne accepte, ou refuse en proposant un autre moment précis. Un faux profil produit une excuse, puis une autre : la répétition des excuses est la réponse.

Pendant l'appel, faites une place à l'imprévu : demandez un geste précis — passer la main devant le visage, tourner la tête, montrer la fenêtre. Les trucages en direct gèrent mal ce qu'ils n'ont pas anticipé. Ce n'est pas une garantie absolue, et nous ne vous dirons jamais le contraire — mais combiné au reste (le scénario, la photo, la demande d'argent), ça suffit presque toujours à trancher.

Et gardez la règle d'or : quelle que soit la qualité de la vidéo, aucune demande d'argent, de codes ou de secret ne se valide par le canal d'où elle vient. On vérifie toujours par un autre canal, celui qu'on connaissait déjà.

Si c'est déjà arrivé

Vous avez découvert que le profil était faux — après des semaines de conversation, peut-être des sentiments, peut-être de l'argent. Dans l'ordre :

  1. Capturez tout avant de bloquer : le profil, les conversations, les demandes. Les preuves disparaissent avec le compte.
  2. Coupez le contact sans annoncer votre découverte — prévenir l'escroc ne fait qu'accélérer la disparition des traces.
  3. Si de l'argent est parti : votre banque (numéro au dos de votre carte) pour un rappel de fonds, Card Stop au 078 170 170 si votre carte a circulé.
  4. Signalez le profil à la plateforme, portez plainte auprès de votre zone de police, transférez les éléments à suspect@safeonweb.be.
  5. Si vos propres photos ont été utilisées pour créer un faux profil : signalez-le à la plateforme au titre de l'usurpation d'identité — c'est prioritaire chez la plupart d'entre elles — et conservez les captures pour la plainte.
  6. ⚠️ Et si l'on vous propose ensuite de « retrouver l'escroc » ou de « récupérer vos fonds » contre paiement : c'est la seconde vague. Lisez notre dossier sur la récupération de fonds.
Voir le parcours d'urgence complet

Questions fréquentes

Sa photo n'apparaît nulle part dans la recherche inversée. C'est bon signe ?

Non, et c'est l'erreur la plus répandue. Un visage généré par intelligence artificielle n'existe nulle part ailleurs — « introuvable » est même la signature des faux profils récents. L'absence de résultat signifie « rien à en conclure », jamais « profil authentique ».

Il m'a envoyé une vidéo de lui qui dit mon prénom. Ça prouve que c'est réel ?

Plus maintenant. Cloner une voix demande quelques secondes d'enregistrement, et les vidéos personnalisées truquées sont devenues bon marché. Une vidéo ne remplace pas un appel en direct avec de l'imprévu — et aucune vidéo ne valide jamais une demande d'argent.

Pourquoi Kwoll ne propose-t-il pas de reconnaissance faciale, comme certains outils ?

Parce que chercher un visage, c'est ficher tout le monde pour vérifier une personne. Un gabarit facial est une donnée biométrique protégée, et la constitution de bases de visages par aspiration du web est interdite en Europe. Kwoll cherche une image — jamais une personne. C'est une limite assumée, et elle protège aussi la victime dont la photo a été volée.

Comment protéger mes propres photos du vol de profil ?

On ne peut pas l'empêcher totalement — toute photo publique est copiable. On peut le rendre moins rentable : limiter la visibilité des photos aux amis, éviter les portraits en haute définition publics, et chercher de temps en temps son propre visage via une recherche d'image sur ses photos de profil. En cas d'usurpation : capture, signalement à la plateforme, plainte.

Dossier relu le 1 août 2026. Les numéros cités — Card Stop, Child Focus, Télé-Accueil — sont les canaux officiels belges.

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