Le cabinet d'avocats international
Site soigné, adresse prestigieuse, anglais impeccable. Il a « déjà gelé vos fonds » — il ne manque que les frais de déblocage.
Après avoir perdu de l'argent, on vous contacte pour vous aider à le récupérer — contre des frais. C'est la même arnaque, au carré. Voici comment elle fonctionne.
L'arnaque à la récupération de fonds (« recovery scam ») consiste à contacter une personne qui vient de perdre de l'argent dans une escroquerie, en se faisant passer pour un avocat, un enquêteur ou une société spécialisée, et à lui promettre de récupérer les sommes perdues — moyennant des frais d'avance. La « récupération » n'a jamais lieu : c'est une seconde arnaque, qui exploite la première.
Gratuit, sans compte. Rien de ce que vous collez n'est conservé.
Parce que les listes de victimes se revendent. Une personne qui a payé une fois est, pour les réseaux d'escrocs, le meilleur prospect qui existe : elle a de l'argent, elle a déjà franchi le pas, et elle est désespérée de réparer. Parfois, c'est la même équipe qui revient sous un autre nom — elle connaît votre dossier mieux que personne, puisqu'elle l'a créé.
Le contact arrive par e-mail, par téléphone, via les réseaux sociaux, ou par des commentaires sous des témoignages de victimes : « la société X m'a récupéré 80 % de mes fonds, contactez-les de ma part ». Ces commentaires sont écrits par les escrocs eux-mêmes.
Les costumes varient, le scénario jamais :
Site soigné, adresse prestigieuse, anglais impeccable. Il a « déjà gelé vos fonds » — il ne manque que les frais de déblocage.
Police, Interpol, régulateur financier : votre argent aurait été « retrouvé sur un compte », il faut payer une caution ou des frais de justice pour le libérer. Aucune autorité ne fonctionne ainsi, nulle part.
Il peut pirater le compte de l'escroc et reprendre votre argent. C'est techniquement une fable — et, si c'était vrai, ce serait un délit dont vous seriez complice.
Le faux site d'investissement qui vous a ruiné réapparaît sous un autre nom et vous propose de « débloquer votre solde ». Le solde affiché n'a jamais existé.
Un seul critère suffit dans neuf cas sur dix : les frais d'avance. Personne de légitime — ni avocat sérieux, ni autorité, ni banque — ne conditionne la récupération de vos fonds à un paiement préalable de votre part. Les autres signaux confirment :
Les vrais interlocuteurs — votre banque, la police — ne démarchent pas les victimes par WhatsApp ou par e-mail non sollicité.
Montant exact, nom de la plateforme, dates : présenté comme une preuve de sérieux, c'est la preuve que vous figurez sur une liste de victimes.
« 90 % de réussite », « fonds localisés ». Dans la réalité, personne ne peut garantir une récupération — et les professionnels honnêtes vous le disent d'emblée.
Accès à votre banque en ligne, codes itsme, « pour effectuer le virement de restitution ». C'est la préparation du vidage de compte.
Parfois, en partie, et uniquement par deux canaux — tous deux gratuits. Votre banque, d'abord : un virement récent peut faire l'objet d'une demande de rappel vers la banque du destinataire ; plus vous appelez vite, plus la fenêtre est réelle. Un paiement par carte peut, dans certains cas, être contesté.
La plainte à la police, ensuite : elle n'aboutit pas toujours à une restitution, mais elle est la condition de toute suite — gel de comptes en Belgique, entraide internationale, indemnisation éventuelle. Et elle coûte zéro euro. C'est la mesure exacte de ce que valent les « frais de dossier » des récupérateurs.
Vous avez déjà payé un « récupérateur » ? Vous venez d'être victime deux fois du même réseau — c'est le fonctionnement de cette arnaque, pas une double naïveté. Les gestes sont les mêmes, et ils pressent.
Non. Les avis s'achètent ou s'écrivent soi-même, et un numéro d'entreprise s'obtient facilement — y compris en usurpant celui d'une société réelle. Le seul critère fiable reste le modèle : des frais d'avance contre une promesse de récupération, c'est l'arnaque, quel que soit l'emballage.
Non. Quand des fonds sont réellement gelés par une autorité, la procédure passe par la justice, jamais par un paiement de votre part vers un compte privé. « Taxe de libération », « caution de restitution », « frais anti-blanchiment » : ces expressions n'existent que dans les scripts d'escrocs.
Parce que l'argent quitte les comptes de destination en quelques heures, souvent vers l'étranger ou en crypto. C'est pour ça que la vitesse compte : le rappel bancaire immédiat a une vraie chance, l'enquête ensuite en a moins. Et c'est pour ça que la promesse inverse — « on récupère à coup sûr, des mois après » — est le signe certain de l'arnaque.
Non, et personne d'honnête ne vous dira le contraire. Kwoll peut vérifier le message ou le site du « récupérateur » qui vous contacte — ils réutilisent des domaines et des scripts connus — et vous orienter vers les vrais circuits : votre banque et la police. La vérification est gratuite.
Dossier relu le 1 août 2026. Les numéros cités — Card Stop, Child Focus, Télé-Accueil — sont les canaux officiels belges.