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Comprendre

Récupération de fonds : l’arnaque qui vise les victimes d’arnaques

Vous venez de perdre de l’argent. On vous contacte alors pour vous aider à le récupérer. Contre des frais. C’est la même arnaque, au carré. Voici comment elle fonctionne.

Chaque dossier suit le même ordre : ce que vous avez sous les yeux, les signaux, puis quoi faire maintenant.

En une phrase

L’arnaque à la récupération de fonds (« recovery scam ») consiste à contacter une personne qui vient de perdre de l’argent dans une escroquerie, en se faisant passer pour un avocat, un enquêteur ou une société spécialisée, et à lui promettre de récupérer les sommes perdues, moyennant des frais d’avance. La « récupération » n’a jamais lieu : c’est une seconde arnaque, qui exploite la première.

Pourquoi les victimes sont-elles recontactées ?

Parce que les listes de victimes se revendent. Une personne qui a payé une fois est, pour les réseaux d’escrocs, le meilleur prospect qui existe : elle a de l’argent, elle a déjà franchi le pas, et elle est désespérée de réparer. Parfois, c’est la même équipe qui revient sous un autre nom. Elle connaît votre dossier mieux que personne, puisqu’elle l’a créé.

Le contact arrive par e-mail, par téléphone, via les réseaux sociaux, ou par des commentaires sous des témoignages de victimes : « la société X m’a récupéré 80 % de mes fonds, contactez-les de ma part ». Ces commentaires sont écrits par les escrocs eux-mêmes.

Sous quels déguisements se présentent-ils ?

Les costumes varient, le scénario jamais :

  • Le cabinet d’avocats international
    Site soigné, adresse prestigieuse, anglais impeccable. Il a « déjà gelé vos fonds ». Il ne manque que les frais de déblocage.
  • Le faux enquêteur ou la fausse autorité
    Police, Interpol, régulateur financier : votre argent aurait été « retrouvé sur un compte », il faut payer une caution ou des frais de justice pour le libérer. Aucune autorité ne fonctionne ainsi, nulle part.
  • Le « hacker éthique »
    Il peut pirater le compte de l’escroc et reprendre votre argent. C’est techniquement une fable. Et si c’était vrai, ce serait un délit dont vous seriez complice.
  • La plateforme elle-même, repeinte
    Le faux site d’investissement qui vous a ruiné réapparaît sous un autre nom et vous propose de « débloquer votre solde ». Le solde affiché n’a jamais existé.

Comment reconnaître une fausse offre de récupération ?

Un seul critère suffit dans neuf cas sur dix : les frais d’avance. Personne de légitime, ni avocat sérieux, ni autorité, ni banque, ne conditionne la récupération de vos fonds à un paiement préalable de votre part. Les autres signaux confirment :

  • Le contact vient d’eux, pas de vous
    Les vrais interlocuteurs, votre banque et la police, ne démarchent pas les victimes par WhatsApp ou par e-mail non sollicité.
  • Ils connaissent déjà votre histoire
    Montant exact, nom de la plateforme, dates : présentés comme une preuve de sérieux, ils prouvent en réalité que vous figurez sur une liste de victimes.
  • Le résultat est garanti
    « 90 % de réussite », « fonds localisés ». Dans la réalité, personne ne peut garantir une récupération. Et les professionnels honnêtes vous le disent d’emblée.
  • On finit par demander vos codes
    Accès à votre banque en ligne, codes itsme, « pour effectuer le virement de restitution ». C’est la préparation du vidage de compte.

Peut-on vraiment récupérer son argent après une arnaque ?

Parfois, en partie, et uniquement par deux canaux, tous deux gratuits. Votre banque, d’abord : un virement récent peut faire l’objet d’une demande de rappel vers la banque du destinataire ; plus vous appelez vite, plus la fenêtre est réelle. Un paiement par carte peut, dans certains cas, être contesté.

La plainte à la police, ensuite : elle n’aboutit pas toujours à une restitution, mais elle est la condition de toute suite (gel de comptes en Belgique, entraide internationale, indemnisation éventuelle). Et elle coûte zéro euro. C’est la mesure exacte de ce que valent les « frais de dossier » des récupérateurs.

Si c’est déjà arrivé

Avez-vous déjà payé un « récupérateur » ? Vous venez d’être victime deux fois du même réseau. C’est le fonctionnement de cette arnaque, pas une double naïveté. Les gestes sont les mêmes, et le temps presse.

  1. Cessez immédiatement tout paiement, quelle que soit la promesse en cours (« le transfert est presque finalisé » est le script standard).
  2. Si vous avez donné des codes ou un accès bancaire : appelez votre banque au numéro au dos de votre carte, tout de suite, et faites bloquer vos cartes. Card Stop au 078 170 170 pour les cartes.
  3. Demandez à votre banque le rappel des virements récents vers le « récupérateur ».
  4. Portez plainte, en mentionnant les deux arnaques, la première et la récupération. Les enquêteurs savent qu’elles sont liées.
  5. Transférez les messages à suspect@kwoll.be.
  6. Attendez-vous à être recontacté encore : une victime qui a payé deux fois est recontactée trois fois. La bonne réponse est le silence total.

Questions fréquentes

Une société affiche des avis positifs et un numéro d’entreprise. Cela ne prouve-t-il pas son sérieux ?

Non. Les avis s’achètent, ou la société les écrit elle-même, et un numéro d’entreprise s’obtient facilement, y compris en usurpant celui d’une société réelle. Le seul critère fiable reste le modèle : des frais d’avance contre une promesse de récupération, c’est l’arnaque, quel que soit l’emballage.

Un « avocat » dit que mes fonds sont gelés et qu’il faut payer la taxe de libération. Est-ce possible ?

Non. Quand des fonds sont réellement gelés par une autorité, la procédure passe par la justice, jamais par un paiement de votre part vers un compte privé. « Taxe de libération », « caution de restitution », « frais anti-blanchiment » : ces expressions n’existent que dans les scripts d’escrocs.

Pourquoi la police ne récupère-t-elle pas simplement l’argent ?

Parce que l’argent quitte les comptes de destination en quelques heures, souvent vers l’étranger ou en cryptomonnaies. C’est pour ça que la vitesse compte : le rappel bancaire immédiat a une vraie chance, l’enquête ensuite en a moins. Et c’est pour ça que la promesse inverse (« on récupère à coup sûr, des mois après ») est le signe certain de l’arnaque.

Kwoll peut-il récupérer mon argent ?

Non, et personne d’honnête ne vous dira le contraire. Kwoll peut vérifier le message ou le site du « récupérateur » qui vous contacte. Ces réseaux réutilisent des domaines et des scripts connus. Il peut aussi vous orienter vers les vrais circuits : votre banque et la police. La vérification est gratuite.

Relu le 29 août 2026.

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